Chanson douce – Leïla Slimani

Bonjour à tous,

J’espère que vous avez passé un bon noël. Je vous retrouve aujourd’hui pour ma chronique de Chanson douce de Leïla Slimani publié chez Gallimard. Je suppose que vous n’êtes pas passé à côté de ce livre, puisqu’il s’agit du prix Goncourt de 2016. C’est aussi un livre que je voulais lire depuis un moment, mais le fait qu’il ait reçu un prix a fait que j’ai tardé avant de le lire. Peut-être parce que je voulais laisser passer un peu de temps avant de me faire ma propre idée sur cette lecture, afin de ne pas (plus?) être influencée par tous les avis que j’ai pu lire. Je voulais attendre que l’on parle moins de ce livre, et c’est quand je suis allée chez ma grand-mère qu’elle m’a dit qu’elle l’avait adoré et me l’a donc prêté.

 

De quoi ça parle ?

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

 

Qu’est-ce que j’en ai pensé ?

Alors oui, j’ai bien aimé. Le premier point que je voudrais souligner est le début, et particulièrement le premier chapitre. Tout de suite on est dans l’histoire, on ne passe pas par quatre chemins. Et même si on connaît par avance le dénouement de l’histoire, on ne sait pas qui l’a provoqué, et surtout pourquoi. Ainsi, on va, de temps en temps, avoir des réponses. Mais jamais trop à la fois, pour nous pousser à continuer et à assembler toutes les pièces du puzzle.

Autre point très positif, la plume de l’auteure. Le style d’écriture est très sec, les phrases ne sont jamais trop longues, et elles sont de ce fait vraiment poignantes. Et dans cette histoire, j’ai adoré ! C’est un roman assez court de moins de 300 pages, qui se lit vraiment très rapidement, parce qu’il n’y a pas de longueur en fait.

La relation de dépendance entre la famille et la nourrice est très bien développée, et est vraiment très réaliste, parce qu’elle ne se fait pas du jour au lendemain, parce que petit à petit, on se rend compte de la place que prend la nourrice au sein de la famille.

Je dirais que le point que je n’ai pas du tout aimé a été la fin. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je trouve que celle-ci, enfin le dernier chapitre notamment, n’apportait pas grand chose à l’histoire. Ce que je veux dire par là, c’est que j’ai trouvé que celui-ci n’était pas, à mon sens, essentiel.

 

Ma note : ★★

Un bon livre, pas LE livre de l’année selon moi (dans le sens où ce n’est pas ma meilleure lecture de cette année), mais je pense qu’il a mérité son prix.

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Tout ce qui compte – Claire Lebreton

Bonjour à tous,

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous présenter ma dernière lecture, il s’agit de Tout ce qui compte de Claire Lebreton, qui est encore une fois un auto-édité. Je la remercie de m’avoir pu découvrir son roman.

 

De quoi ça parle ?

Les gens se désintéressent très rapidement de ce qu’ils ne comprennent pas ; et personne ne comprend Melody. Melody et Hayden sont deux lycéens un peu en marge. Ils traversent leur quotidien chacun de leur côté jusqu’à ce qu’un incident les mettent sur le chemin l’un de l’autre. Hayden est solitaire et les élèves le prennent pour un drogué. Melody, elle, est atteinte de troubles obsessionnels compulsifs. Sujet de moqueries, même de la part de sa meilleure amie Max, c’est lorsque les taquineries deviennent persécution que cette différence attire l’attention d’Hayden. Lui, d’ordinaire je-m’en-foutiste et solitaire va découvrir qu’il est capable de curiosité en trouvant en Melody un mystère intriguant et une mission passionnante. Elle est dans son monde et rongée par ses TOCs qu’elle doit respecter scrupuleusement et qui créent un fossé entre elle et le reste du monde. Il essaiera d’entrer dans cet univers fermé pour la comprendre et, à terme, l’aider à se débarrasser de ce qui l’entrave.

 

Qu’est-ce que j’en ai pensé ?

Tout d’abord, c’est le premier livre que je lis, si mes souvenirs sont bons, dans lequel le personnage principal souffre de TOC. Et je dirais que le premier point qui m’a marqué, c’est que j’ai trouvé que c’était décrit avec un réalisme impressionnant. Melody est une adolescente qui souffre de TOCs, et qui subit beaucoup de moqueries au lycée, de la part de sa meilleure amie, et dont les parents ne semblent pas vraiment comprendre. De l’autre côté, nous avons Hayden, qui est dans le même lycée que Melody, et qui lui est perçu un peu comme le « bad boy » du lycée.

J’ai apprécié la persévérance d’Hayden envers Melody. Chacun à sa manière apporte quelque chose à l’autre, et chacun s’aide mutuellement à avancer. C’est une romance très touchante, qui aborde un sujet important sans pour autant le faire sur un ton moralisateur. Globalement, je dirais que c’est un roman qui appelle à la tolérance, et c’est ce qui m’avait semblé deviner lorsque j’ai postulé pour ce service presse. Je voulais voir de quelle manière l’auteure allait traiter ce sujet, et je n’ai pas été déçue.

Chaque chapitre alterne le point de vue de nos deux personnages, ce qui nous permet de plus nous attacher, et de voir au fur et à mesure de notre lecture leur évolution.

Je ne saurai pas trop quoi rajouter, je peux simplement vous conseiller de le lire, parce que c’est un beau roman, qui nous fait tout de même réfléchir, et comprendre que même si ce n’est pas parce que des personnes ont des « différences » (je n’aime pas ce mot, mais vous voyez l’idée), qu’elles ne sont pas humaines. Et je pense qu’il faut parfois y réfléchir à deux fois avant de vouloir accentuer ce sentiment de différence, et c’est ce qui est montré ici.

 

Ma note : ★★★★

Une romance toute douce, avec un très beau message.

Le ciel est partout – Jandy Nelson

« Je me demande pourquoi les gens endeuillés prennent la peine de s’habiller en noir, alors que le chagrin constitue à lui seul un vêtement à part entière. »


Auteur : Jandy Nelson

Éditeur : Gallimard – collection pôle fiction

Jeunesse, 413 pages

Résumé : «Je suis censée pleurer la mort de ma sœur, pas tomber amoureuse…». Comment Lennie peut-elle continuer à vivre après une telle tragédie ? A-t-elle encore le droit de plaire et de désirer ? D’être heureuse, de rire ? Parfois, il faut tout perdre pour se trouver…


Ce que je pense de ce livre : J’ai découvert ce livre sur la chaîne d’Audrey (Le souffle des mots) sur YouTube. Après qu’elle en ait parlé maintes et maintes fois, je me suis décidé à le noter dans ma wishlist, et quelques semaines après, quand je l’ai encore vu sur l’écran de mon ordinateur, je me suis finalement décidé à l’acheter, parce que, il faut le dire, je suis très facilement influençable en ce qui concerne les livres – au grand désespoir de mon porte-feuille –.

On retrouve Lennie, qui est dévastée par la mort de sa sœur Bailey. Elle ne sait plus où elle en est, et est davantage perdue lorsqu’elle se met à éprouver des sentiments qu’elle s’interdisait d’éprouver. Parce que Lennie se sent en quelque sorte coupable d’aimer et d’éprouver de la joie, de sourire, alors qu’elle est en plein deuil. Elle se sent coupable d’éprouver de l’attirance pour Toby, le petit-ami de sa sœur, alors qu’elle sait très bien qu’elle ne devrait pas. J’avouerai que cette relation m’a beaucoup dérangé, je l’ai trouvé assez malsaine, et je ne comprends qu’à moitié le choix de l’auteure.

On voit que Lennie fait des erreurs, avec Toby en premier, puis dans ses rapports avec les personnes autour d’elle. On sent qu’elle a tendance à s’isoler, à se mettre dans sa bulle, au risque de s’éloigner des personnes qu’elle aime. Mais ce sont ses erreurs qui lui permettent d’avancer et de recommencer à s’épanouir.

« Comment vais-je survivre à cette absence ? Comment font les autres ? Des gens meurent, tout le temps. Tous les jours. Toutes les heures. Le monde entier est rempli de familles fixant du regard des lits dans lesquels plus personne ne dort, des chaussures que plus personne n’utilise. De familles qui n’ont désormais plus à acheter telle boîte de céréales, telle marque de shampoing. Partout des gens font la queue au cinéma, achètent des rideaux ou promènent leur chien alors que dedans, il ont le cœur en miettes. Pendant des années. Pendant le reste de leur vie. Je ne crois pas que le temps guérisse quoi que ce soit. Si je guéris, n’est-ce pas la preuve que j’ai accepté un monde sans elle ? »

De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre, comme le deuil, les relations entre sœurs – parce que même si Bailey n’est pas là physiquement, on apprend à découvrir sa personnalité à travers ce que nous dit Lennie et des nombreux poèmes que celle-ci écrit et éparpille partout autour d’elle –, de la musique, qui est très présente, notamment entre les personnages de Lennie et Joe.

Les personnages sont extrêmement attachants, on peut arriver à s’identifier à eux, ou à des aspects de chacun d’eux. On ressent bien la douleur et la tristesse de Lennie et Toby, la fraîcheur de Joe qui apporte de la lumière à ce roman au sujet au départ assez sombre.

« Parfois, il faut s’armer de courage pour franchir les épreuves seules, à sa manière. »

Ce qui m’a marqué dans ce livre, outre l’histoire très touchante, c’est la plume de Jandy Nelson. J’ai pour habitude de noter les citations ou passages qui me plaisent dans les livres, et avec celui-ci, je n’ai pas arrêté. La plume de l’auteure est incroyable, et je vous conseille ce livre même ne serait-ce que pour apprécier l’écriture. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques petites larmes par ci par là au fil de ma lecture. 

Note : ★★★★★

Un gros coup de cœur. C’est le premier livre de Jandy Nelson que je lis, et ce ne sera sûrement pas le dernier. Je vous le recommande vraiment. 


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